L’ORCH­ESTRE JAUNE C’EST DES FEM­MES MER­VEIL­LEUSES DES HOM­MES, DES VRAIS, DES CON­CERTS DE MA­LADES DES SO­LOS DE FOUS, DES NUITS DE RÊVE, UN PU­BLIC EX­TRA­ORDI­NAIRE, DES CA­CHETS HON­TEUX ET C’EST PAR ICI LA VI­SITE

VOUS RÊVEZ DE VENIR DAN­SER AVEC DES JOLIES FILLES ET DES GARÇONS VIRILS, MAIS ATTENTION, PAS AVEC LES chan­teuses, D’ABORD ON SE LES GARDE ET PUIS MINE DE RIEN C’EST DU JOB

c’est quand le prochain ?

le vendredi 13 janvier 2017
Lausanne, Montbenon, Coexistence, 10ème bal d’hiver


Les chanteuses, les musiciens

Direction Daniel Perrin
Le Pianiste Daniel Perrin + Chant
Les Bassistes Mathias Demoulin, Pascal Eugster, MiMo Pisino
Les Batteurs Luigi Galati + Chant, Grégoire Guhl
Le Violoniste Gilles Abravanel + Chant
Le Guitariste Ignacio Lamas
Les Chanteuses Karine Barbey, Simon Gerber, Frédérique Leresche, Lee Maddeford, Pauline Maurer, steffi mrachacz, Sophie Noir, Maria De La Paz, Gerald Perera, Pascal Schopfer + Maître De Cérémonie, SOLAm
Le Trompettiste Zacharie Ksyk
Les Saxophonistes Alain Kissling + Chant, Michel Weber, Jean-Samuel Racine
Le Tromboniste Andrea Esperti
Le son bernard amaudruz


À QUOI ÇA RESSEMBLE


LEs mystères de l'orchestre jaune

par Anna Lietti


Pour les habitués, le bal de l'Orchestre jaune, c'est comme Noël ou l'anniversaire de papa : le genre d'événement rare qui ne se discute pas. On note la date dans son agenda, et on organise les vacances, les séjours en clinique et autres mariages avant ou après, jamais pendant. C'est très reposant, c'est ce qu'on appelle avoir des repères, dans un monde où tout n'est plus que question : faut-il oui ou non mettre des notes à l'école ? Manger du bœuf ? Devenir bouddhiste ? Prendre l'avion ? Porter des mules ? C'est vraiment très fatigant de devoir toujours tout décider. Face au Bal de l'Orchestre jaune, on ne se pose pas de questions. On y va. L'inconvénient, c'est que lorsqu'un béotien demande : « C'est quoi ce bal de l'Orchestre jaune ? », l'habitué est un peu emprunté. Il manque d'entraînement côté verbalisation. Pour gagner du temps, il dit alors : « Cooooooomment ? Tu ne connais pas le bal de l'Orchestre jaune ? Il faut aaabsolument que tu viennes la prochaine fois. Je t'emmène, ok ? » Mais le béotien insiste : « D'accord, mais il a quoi de spécial, ce bal ? » Et il arrive que l'habitué finisse par se dire : tiens, c'est une bonne question. Qu'est-ce qui fait que c'est si bien, le Bal de l'Orchestre jaune ? Alors, essayons de répondre. D'abord, n'ayons pas peur des mots, c'est un bal. C'est-à-dire une soirée où l'on danse, et pas tout seul chacun dans son coin. Des vieux rocks italiens, des slows rugissants de l'éternel Johnny, et toute une série de trucs très pimpants, de quoi allègrement frétiller du popotin. Oui, mais c'est quoi le secret de l'Orchestre jaune, son charme indéfinissable ? Sa fraîcheur, peut-être. Mais attention ! C'est frais, mais pas maladroit. On peut même dire que ces musiciens-là, avec leurs airs de se taper sur les cuisses entre potes, font preuve d'une maîtrise absolue. Mais attention ! Ils sont sérieux, mais ne se prennent pas au sérieux. Bon. En somme, les musiciens de l'Orchestre jaune parviennent à atteindre l'état de légèreté qui, comme nul yogi ne l'ignore, n'advient qu’après des années de travail et de concentration. On se dit, ils ont un truc, mais il n'y a pas de truc. Il y a juste des superpros. Ces superpros s'offrent le plaisir d'animer un bal. Daniel Perrin leur a préparé des arrangements très soignés, ils ont peu répété, ils improvisent ici et là. Et comme ils ont une expérience considérable, ils peuvent se permettre de faire les guignols. Finalement, le mystère de l'Orchestre jaune, c'est celui du grand art. Plus il y a de travail, moins il se voit. Et comme ça ne se voit pas, le public peut se payer le luxe de ne pas se poser de questions. C'est tellement reposant.

l’ORCHESTRE JAUNE C’EST QUOI D’ABORD ?

Ainsi va le Bal de l’Orchestre jaune
par Marie Perny


L’Or­chestre Jaune, c’est 22 per­sonnes réu­nies par Da­niel Per­rin, pianiste compo­siteur lau­sannois : musi­ciens, chan­teurs, chan­teuses, une section rythmique, des cuivres, des claviers, des guitares, un violon même, un ac­cordéon par­fois mais pas sou­vent. Une grande for­mation donc.

L’Orchestre jaune joue de la musique à danser, live. I­ma­gin­ez la phono­thèque to­tale: pas­sez les ra­yons mu­si­que sym­pho­nique, ba­roque, mé­dié­vale, la mu­sique ethno ; les éta­gères tech­no, jung­gle, metal, rap ; rien non plus dans les ca­siers free jazz, mu­sique ex­pé­ri­men­tale, con­crète. Dans le grand ti­roir qui reste, l’or­che­stre pioche de quoi con­sti­tuer son ré­per­toire. Pop music ? Beau­coup. Rythm’Blues ? Oh yeah. Chan­son fran­çaise ? A l’oc­casion. World music? Un peu. Ça chante et ça danse en an­glais, en fran­çais, en ita­lien, en espa­gnol, en ser­be, en a­rabe, des hits ino­xydables cré­és par d’il­lustres fan­tômes aux­quels l’or­chestre rend hom­mage : des Beatles à Po­lice, de James Brown à Amy Winehouse, de Brassens à Nino Ferrer et aussi Tina Turner, Jonasz, Joe Cocker, Sanseverino, et encore beau­coup d’autres. Des heures de ré­per­toire à danser.

L’Or­chestre Jaune se fait rare, dif­ficile en ef­fet de réu­nir et de faire vivre une forma­tion d’une telle ampleur. Les musi­ciens, chanteurs, chan­teuses du groupe s’ex­priment tout au long de l’an­née ail­leurs avec d’autres, pour faire vivre d’autres mu­siques.

Du coup, malgré ses 20 ans d’âge, le Jaune a gardé sa fraî­cheur, un beau jaune am­bré comme un whi­sky boni­fié par le temps tout de même. Du coup, les sor­ties de l’or­chestre ont tout de la réu­nion de fa­mille. Sur scène comme dans la salle, on se re­trouve, on ne s’est pas vu de­puis longtemps, on con­state que la tribu a évolué. De jeunes musi­ciens sont ado­ptés, des couples se font, se défont, se refont, les gé­né­ra­tions, les styles se mé­langent, sur scène com­me dans la salle.

Pourquoi jaune, l’Orchestre ? On ne sait plus : une idée de Daniel Perrin, au début. C’est égal. De toute ma­nière, à la fin du bal, il fait nuit noire, les cou­leurs, on ne les voit plus. Les musi­ciens rangent les instru­ments, les danseurs boivent un dernier verre, les musi­ciens aussi. Tout le monde est heureux et crevé. On a dansé comme des fous, on a joué comme des va­leu­reux, on se re­verra la pro­chaine fois, on verra bien où en sera la tribu, sur scène com­me dans la salle. Pourvu qu’elle reste ou­verte.

Ainsi va le Bal de l’Orchestre jaune.


ALORS LÀ, FRANCHEMENT, SI APRÈS ÇA VOUS NE VENEZ PAS C’EST À N’ y RIEN COMPRENDRE…